La politique GES d’une entreprise, une fois liée à sa politique globale, permet d’évaluer correctement les choix stratégiques pris pour demain. Il faut prendre l’exercice de comptabilité GES comme une analyse des risques.

Dans votre entreprise, il peut y avoir :

  • une politique générale,
  • une politique RSE,
  • une démarche GES engagée avec un premier Bilan Carbone® et un plan d’actions,
  • un plan d’économies d’énergies et fluides au niveau industriel…

Tous ces éléments existent de leur côté, mais ne fonctionnent pas nécessairement ensemble. Pourtant, il est primordial de faire du lien entre ces projets pour que votre politique GES vienne alimenter votre stratégie globale.

Quel lien y-a-t-il entre GES et économie ? Comment faire le lien entre les différents projets stratégiques et opérationnels ?

C’est le cadre général de développement de votre entreprise qui donne les grandes orientations et les objectifs pour demain. La démarche GES fait partie de ce cadre et vient l’alimenter. Il faut prendre l’exercice de comptabilité GES comme une analyse des risques : “Que se passe-t-il si je ne fais rien ?” Quel est l’impact de l’augmentation du prix des énergies sur mon activité, sur mes usines, sur mes fournisseurs ?… Quel est l’impact de l’augmentation de la taxe carbone à court terme et à moyen terme ? A partir de quand n’est-ce plus financièrement viable de produire ou s’approvisionner de telle matière à tel endroit ?

Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de passer par une étape de diagnostic : “où en suis-je aujourd’hui ?” pour faire de la prospective : “où pourrais-je aller demain?” et ainsi alimenter vos réflexions à tous les niveaux de l’entreprise : achats, investissement, innovation…

Dans ce schéma, la politique globale et la politique RSE ne font ainsi plus qu’un. L’indicateur GES adossé à des simulations économiques devient alors percutant pour évaluer les choix pour demain, et trouve toute sa place dans les indicateurs revus en comité de direction à côté des indicateurs de performance.

Fanny Pénet, directrice des opérations et responsable du pôle carbone chez O2M Conseil


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

 

Quels objectifs de réduction de CO2 pour votre entreprise ? Comment interpréter les résultats de vos actions sur le Bilan Carbone® ? Quand parler de neutralité carbone si vous faites des actions de compensation ? Voici trois conseils qui répondent à ces interrogations.

 

Comment se fixer des objectifs de réduction de CO2 réalistes et ambitieux ?

 

Se fixer des objectifs de réduction de CO2 est un point essentiel de votre stratégie climat. Seulement, il peut parfois être difficile de savoir où placer le curseur ! Pour fixer des objectifs de réduction de CO2 réalistes et ambitieux, il est important d’impliquer tous les acteurs de l’entreprise, ainsi que les parties prenantes.

Le plan d’action doit être co-construit avec les responsables de services concernés. Quand on est impliqué dès l’émergence d’une action, on est généralement moteur pour la voir se concrétiser.

Le plan d’actions doit :

  • Intégrer les actions passées, en cours et à venir pour valoriser tous les efforts.
  • Consolider les différents plans d’actions présents dans l’entreprise : énergies et fluides, investissements, système de management, R&D, emballages, réduction des déchets, … puisque toutes ces thématiques peuvent avoir des bénéfices pour le Bilan Carbone®.

 

Le plan d’actions doit ensuite être challengé : faisabilité technique, simulation économique, risque à mettre en place l’action ET risque à ne pas mettre en place l’action, acceptabilité client, échéancier, innovation, niveau de réduction de CO2 attendu sur l’impact global, coût de la tonne de CO2 évitée, externalités positives…

 

Comment faire le lien entre les actions réalisées pour réduire les GES et les hausses ou baisses des émissions constatées dans le Bilan Carbone® ?

 

Tout d’abord, la comparaison des résultats du Bilan Carbone® sur la variation d’émissions de GES se fait de manière interannuelle : analyser les résultats obtenus sur une échelle de temps plus courte ne serait pas significatif. Ensuite, l’interprétation des données récoltées dans le Bilan GES d’une année à l’autre par rapport aux actions entreprises doit être réalisée avec prudence. Les points de vigilance à avoir lors de l’interprétation d’écarts perçus :  

  • Les périmètres organisationnels et opérationnels ont-ils changé ?
  • A-t-on utilisé la même méthodologie et la même version de l’outil Bilan Carbone® ?
  • Certains facteurs d’émissions ont-ils évolués ?

 

Si vous répondez oui à une de ces questions, une analyse des écarts liés à ces questions doit être faite avant d’associer des réductions ou augmentations à des actions réalisées.

En ce qui concerne les réductions de CO2, le suivi annuel du plan d’action de GES permet de connaître les actions mises en place et le niveau de réalisation (10%, 50%, 100%). Chaque action est quantifiée pour évaluer les gains de CO2 associés. Ainsi, ils permettent d’interpréter une partie des écarts inter-annuels.

Enfin, les hausses de CO2 peuvent être liées :

  • A l’augmentation d’activité, c’est pourquoi il est important de suivre son intensité carbone en valeur absolue (TCO2) et en valeur relative (TCO2/unité de production).
  • A une moins bonne efficacité annuelle, qui peut être expliquée par des facteurs internes (ex : nouvelle ligne de production) ou externes (ex : météo).
  • A la répercussion d’une action de réduction mise en place sur un autre poste.

 

Compensation carbone : à quel moment peut-on parler de neutralité carbone ?

 

Si votre entreprise est investie dans un programme de compensation carbone tel que la plantation d’arbres, vous souhaitez certainement savoir combien ces arbres stockent de CO2 chaque année et les conditions pour pouvoir parler de neutralité carbone.

Sachez que la compensation carbone répond à des règles très strictes :

  • La mesurabilité : les émissions de GES évitées doivent être comptabilisées sur la base d’une méthodologie validée par un tiers indépendant.
  • La vérifiabilité : un auditeur indépendant vérifie annuellement les économies de GES réalisée sur le projet.
  • La permanence : les émissions de GES doivent être évitées pendant au moins 7 ans.
  • L’additionnalité : le projet doit permettre d’éviter des émissions de GES par rapport à une situation de référence. Le porteur du projet doit également prouver que sans le revenu issu de la vente des crédits carbone, son projet n’aurait pas pu être mis en œuvre.

 

Ainsi, l’organisme auquel vous faites appel doit pouvoir vous fournir un certificat de compensation vous indiquant combien de carbone est stocké grâce aux arbres plantés.

Pour pouvoir parler de neutralité carbone, il faut être très attentif au périmètre sur lequel on souhaite communiquer. On parle de neutralité carbone pour une activité ou un produit 100% compensé. Ainsi, il est nécessaire d’être transparent sur le périmètre organisationnel étudié, la méthode de comptabilisation des émissions, les scopes et postes pris en compte.

 

Fanny Pénet, directrice des opérations et responsable du pôle carbone chez O2M Conseil

 


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Agir sur les émissions directes d’une organisation via la scope 1 et 2 est une bonne base de stratégie climat. Cependant, s’intéresser aux émissions indirectes (scope 3) permet de réduire de manière bien plus significative ses émissions de gaz à effet de serre.

Si votre structure est concernée par un Bilan GES réglementaire, les retours d’expérience montrent qu’il est fort probable que vos efforts soient concentrés sur le scope 1 et 2 de ce bilan, obligatoires. Cependant, vous êtes-vous également intéressés au scope 3 ? Bien que non obligatoire, il est très fortement conseillé par l’ADEME et vous permettra d’agir de manière plus efficace et plus globale sur vos émissions.

Qu’est-ce que le scope 3 ?

Si le scope 1 concerne les émissions directes de GES générées par l’activité de l’organisation ou du territoire et le scope 2 les émissions associées à la consommation d’électricité et de chaleur, le scope 3 s’intéresse aux émissions indirectes d’une organisation. Ainsi, le scope 3 va concerner les activités en amont et en aval de votre organisation. A la différence des scopes 1 et 2 qui prennent en compte uniquement les enjeux énergétiques, le scope 3 concerne tous les flux d’activités : l’achat de produits, les déplacements, les immobilisations, les déchets, l’utilisation des produits et leur fin de vie, etc.

L'importance de la prise en compte du Scope 3 dans une stratégie climat

Source : ADEME – Site Bilan GES

En quoi est-ce important de l’inclure dans sa stratégie climat ?

L’objectif final de l’évaluation des émissions de GES de votre organisation est de réussir à réduire de manière significative ces émissions. Les scopes 1 et 2 ne se concentrant que sur les enjeux énergétiques, cela revient à se focaliser sur seulement 15 à 20% des émissions totales d’une organisation en général (mis à part l’industrie verrière, minière ou toute industrie nécessitant de très fortes consommations énergétiques). Vous aurez donc des difficultés à agir significativement sur vos émissions de gaz à effet de serre sans inclure le scope 3, qui occupe la part la plus importante : les 80% restants.

Ainsi, en baissant de 3 à 5% de vos émissions sur des postes concernant le scope 3, vous aurez un impact bien plus important qu’en baissant de 3 à 5%  vos émissions sur des postes concernant les scopes 1 et 2. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d’efforts sur ces scopes, mais qu’il est important de bien intégrer le scope 3 dans votre stratégie climat.

En allant au-delà des obligations du Bilan GES réglementaire, vous aurez ainsi l’opportunité d’agir plus globalement sur votre impact carbone.

Jacques Aflalo, dirigeant du cabinet A2DM


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Avoir utilisé ses ressources pour réaliser un Bilan GES exhaustif, c’est bien ; mais quels moyens reste-il ensuite pour le traduire en actions concrètes ? La solution : s’appuyer sur quelques données clés pour pouvoir se concentrer sur les actions à mener.

Il n’est pas rare que les entreprises mettent beaucoup d’efforts dans la réalisation de bilans d’émissions de gaz à effet de serre pour évaluer leur impact carbone, sans réussir à franchir l’étape suivante : mettre en œuvre des actions concrètes pour influer sur cet impact carbone ! Consommer ainsi toutes ses ressources dans la comptabilité et manquer de moyens pour passer à l’action ne facilite pas les choses… Alors comment faire pour aller au-delà du simple bilan ?

S’appuyer sur quelques données clés de façon continue

Nous rencontrons beaucoup d’entreprises qui mettent à jour un Bilan GES complet tous les ans. Cela n’est pas nécessaire : votre Bilan GES peut-être suivi de très près au moyen d’un tableau de bord de 5 à 20 données-clés selon les cas. Cela suffit amplement à mesurer son évolution sur le court et moyen terme. Identifiez ces données clés lorsque vous réalisez votre premier Bilan GES, qui lui se doit d’être exhaustif. Par la suite, contentez-vous de suivre annuellement ces indicateurs clés, sans refaire le bilan complet. Vous économiserez ainsi beaucoup de temps et de ressources et cela vous incitera également à vous concentrer sur les sujets qui comptent. Attention à bien suivre ces indicateurs à l’année, sans discontinuité, pour avoir le meilleur suivi possible des résultats de vos actions.

Réaliser de nouveau un Bilan GES complet lorsque nécessaire

Malgré tout, le Bilan GES complet ne doit pas non plus être complètement remisé au fond du tiroir. Continuez à le réaliser à intervalles réguliers ainsi que si votre activité évolue substantiellement. En effet, une évolution d’activité va bien évidemment également faire évoluer les données de votre comptabilité carbone et nécessiter de mettre à jour vos données clés et votre plan d’action.    

En conclusion, l’idée est donc de faire un effort sur le diagnostic et l’identification des indicateurs clés, la première année, puis de concentrer cet effort sur le pilotage des actions à mener les années suivantes. Les indicateurs clés vous permettront alors de faire évoluer votre plan d’action en fonction des résultats obtenus, pour continuer à bien orienter vos ressources.

Rémi Marcus, Co-fondateur, consultant et formateur chez ECO2 Initiative.


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Intégrer les flux de marchandises dans sa stratégie climat est primordial pour une approche carbone complète. Mais comment avoir une vision claire de leur chaîne de transport ? La solution : en réaliser une cartographie géographique et temporelle.

Cartographier ses flux de marchandises

Le manque de visibilité sur le transport de vos marchandises peut nuire à la prise en compte globale de l’impact carbone de votre structure dans sa stratégie climat. Vous connaissez certainement vos tonnages achetés, vendus et évacués mais peut-être manquez-vous de connaissance sur les flux de ces marchandises, car  vous n’intervenez pas directement à cette étape.

Or, la connaissance des flux de marchandises, quelles qu’elles soient, est un élément majeur pour une approche carbone complète. Il s’agit d’une connaissance à acquérir pour l’entreprise qui ne dispose souvent que d’informations partielles sur le sujet.

La solution efficace est de bâtir une cartographie des flux. Cette cartographie doit se réaliser sur deux échelles :

Une cartographie géographique des flux

Elle vise à retracer les mouvements des marchandises, aussi loin que l’on peut les identifier ou au moins sur lesquels une action est envisageable. Ainsi, type de marchandise par type de marchandise, les différentes étapes sont portées sur un graphique de flux : départ, étapes, lieux de livraison. La plus facile est souvent celle des flux sortants que l’on maîtrise. Celle des flux entrants nécessite des échanges avec vos fournisseurs et celle des flux de déchets des échanges poussés avec les organismes gestionnaires de la collecte et du traitement. Cette cartographie va souvent faire apparaître des étapes insoupçonnées.

Comment mieux gérer vos flux de marchandises ?

Un exemple de cartographie géographique des flux

Une cartographie “temporelle”.

Même si le terme de cartographie semble peu adapté, il s’agit ici de faire une représentation graphique du nombre de mouvements. Combien de livraisons et quels jours? Combien de départs clients par semaine? Ce type de représentation fera bien souvent apparaître immédiatement les mutualisations possibles et les regroupements à envisager.

Avec ces deux outils, votre structure sera en mesure de mieux visualiser le parcours complet de vos marchandises, dans le temps et l’espace. Cela fera ainsi ressortir les leviers d’actions dont vous disposez pour optimiser ces flux.

Cette cartographie des flux est tellement nécessaire qu’elle est devenue obligatoire dans la V8 de la méthode Bilan Carbone®.

Gilles Grandval

Responsable du pôle énergie climat chez Mosaïque Environnement, Vice-Président de l’APCC.


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