La fiscalité permet d’influer sur les comportements : les taxes sur le tabac et l’alcool font partie des outils pour en réduire la consommation.  Pour modifier les comportements en matière d’émissions de CO2, il était logique d’instaurer une taxe proportionnelle au contenu en CO2 : en France, cela a été fait pour les combustibles fossiles en 2014 sous la forme d’une composante carbone dans les taxes intérieures de consommation d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).  De 7 € au départ, la valeur de la tonne de CO2 (tCO2) a été portée progressivement à 30,5 € en 2017, avec un objectif de 100 € en 2030.

Compte tenu des cours bas du pétrole et du gaz, cette hausse de la fiscalité a été peu ressentie, mais une disposition du projet de Loi de Finance 2018 donne un sérieux coup d’accélérateur à l’augmentation de la taxe carbone : elle sera multipliée par presque trois en 5 ans pour atteindre 86 €/tCO2 dès 2022, contre 65 €/tCO2 initialement prévu dans la Loi de Transition Energétique pour la croissance Verte.

Concrètement, entre 2017 et 2022, le prix du MWh de gaz augmentera de plus de 10 €, soit une hausse annoncée de la facture de 25 % pour un gros consommateur payant son gaz 40 €/MWh.  Pour les carburants routiers, compte tenu du rattrapage de fiscalité entre l’essence et le diesel, la hausse des taxes intérieures sera de 0.25 € par litre pour le diesel et moitié moins élevée pour l’essence.  La hausse annoncée de cette taxe, qui pourrait se conjuguer avec une hausse des cours, sera donc perceptible.

Plus les énergies fossiles seront chères, plus les consommateurs chercheront à les économiser, et plus il sera rentable financièrement de le faire : c’est le premier objectif de la taxe carbone. Le fait que la hausse soit annoncée permet de la prendre en compte dès aujourd’hui dans les calculs de rentabilité. L’autre avantage de la taxe carbone est d’apporter des revenus à l’état, réaffectés à la réduction de la fiscalité sur l’emploi et au financement de la transition énergétique.  Une partie de la taxe a donc servi à réorienter la fiscalité pour moins taxer le travail, avec comme effets attendus plus d’emploi, moins d’importations, moins d’émissions de CO2.  Les fonds de la transition énergétique permettent de subventionner les études et investissements visant à réduire la consommation d’énergies fossiles.   La taxe carbone devrait donc donner un sérieux coup de fouet à la transition énergétique.

Les organisations ont maintenant tout intérêt à réduire leurs propres émissions, mais elles ne doivent pas oublier celles de leurs fournisseurs, qui seront contraints d’augmenter leurs tarifs s’ils ne font rien, ni celles liées à l’utilisation de leurs biens et services : c’est toute la chaîne de valeur d’un produit ou d’un service qu’il faut prendre en considération pour réduire son empreinte CO2, … et améliorer sa performance économique.

Par le Cabinet Lamy Environnement

 

EDF a élaboré un plan solaire qui prévoit le développement et la construction de 30 GW de solaire photovoltaïque en France entre 2020 et 2035. Un investissement total de 25 milliards d’euros.

 

Le plan solaire du fournisseur d’énergie représente quatre fois les capacités actuelles d’énergie solaire en France. En effet, la France a du retard concernant l’installation d’énergie solaire, pourtant elle dispose du 5e potentiel d’ensoleillement d’Europe. En Allemagne, par exemple, le photovoltaïque représente 6,2% de la production d’électricité avec une production de 38,3 TWh/an contre 1,6% (8,3 TWH/an) en France. Avec ce retard, la France risque fortement de ne pas atteindre l’objectif de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de 18,2 et 20,2 GW installés pour 2023.

 

Un plan solaire avec des objectifs ambitieux

 

Ce plan solaire vient répondre aux objectifs gouvernementaux de rééquilibrage du mix électrique français à travers le développement massif des renouvelables sur le territoire. Pour permettre au fournisseur d’énergie de répondre aux objectifs de l’État, plusieurs solutions existent :

  • Le développement de grandes fermes solaires au sol
  • La reconversion de friches industrielles
  • L’installation de photovoltaïque sur les toitures de certains bâtiments
  • Le développement du photovoltaïque flottant sur les sites hydrauliques

 

« EDF compte installer 1,5 GW par an entre 2020 et 2025 »

 

La mise en place de ce plan nécessite de libérer 25 000 à 30 000 hectares de terrain. Ainsi, EDF compte installer 1,5 GW par an entre 2020 et 2025, puis 2 GW par an entre 2026 et 2030 et 2,5 GW par an entre 2031 et 2035. De plus, on constate en Europe que le coût du photovoltaïque a chuté. Le plan mis en place par EDF devrait permettre de créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France.

Afin de mettre en œuvre l’objectif de réaliser de grandes fermes solaires avec une puissance de 100 MW, la réglementation française doit être révisée. Aujourd’hui, la législation limite la taille des fermes photovoltaïques à 17 MW. Le gouvernement est également attendu pour le lancement d’appels d’offres via la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

 

Auteurs de l’article :

GARNIER Charline, VITET Romain, communication, ALTEREA

Le Cities Climate Leadership Group (C40) présidé par Anne Hidalgo, regroupe plusieurs métropoles qui s’engagent vers un bilan carbone neutre d’ici 2050. Financé par plusieurs fondations telles que la fondation Clinton, son objectif est de montrer qu’il est possible de réduire les émissions de CO2.

Le C40

 

Le Cities Climate Leadership Group (C40) a été créé par Ken Livingstone en 2006 pour fédérer les initiatives des grandes métropoles et lutter contre le réchauffement climatique. L’organisation a pour but d’accélérer la mutation écologique à l’échelle des villes. Aujourd’hui, celui-ci est présidé par la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Il est composé de 85 métropoles dont New York, Vancouver, Paris, Rome, Moscou, Milan, San Francisco, Athènes, Bombay, Hong Kong ou encore Buenos Aires. Ces villes représentent à elles seules un quart de l’économie mondiale et près de 70 % des émissions de gaz à effet de serre.
Il est également composé de neuf villes Africaines, qui vont être aidées dans l’élaboration de plans d’actions climatiques, tout en respectant l’Accord de Paris.

« Réduire drastiquement les émissions de CO2 et ainsi s’inscrire pleinement dans l’accord de Paris »

« Les maires des plus grandes villes du monde façonnent le siècle à venir et préparent le terrain pour un avenir meilleur, plus sain et plus respectueux de l’environnement », a déclaré Anne Hidalgo durant la Climate Change Conference à Bonn en novembre dernier.

L’objectif de ce dispositif est de montrer qu’il est possible de réduire drastiquement les émissions de CO2 et ainsi s’inscrire pleinement dans l’accord de Paris. Pour arriver à ce résultat, plusieurs mesures ambitieuses ont été mises en œuvre, comme par exemple :

  • Mettre en commun les expériences sur le trafic automobile, l’efficience énergétique des bâtiments et la gestion des déchets
  • S’équiper de bus zéro émission à partir de 2025 et passer en zone zéro émission sur une partie importante du territoire

Ces plans démontreront la capacité d’adaptation et d’amélioration de chaque ville au regard de sa résilience face aux crises climatiques et aux phénomènes météorologiques.

Des partenaires financiers

 

Afin de développer ses projets, le C40 dispose de plusieurs partenaires financiers tels que la fondation Bloomberg Philanthropies et la fondation Clinton.

La Banque mondiale va prêter 4,5 milliards de dollars sur trois ans à 150 villes pour mettre en œuvre des initiatives visant à accroître leur résilience et lutter contre le changement climatique. Ces aides devraient ainsi leurs permettre de lever des fonds privés, grâce à la structuration de partenariats public-privé.

Auteur de l’article : Alterea

 

Suite à son 1er Plan Climat établi en 2007, la ville de Paris veut aller encore plus loin dans ses objectifs, et ainsi répondre à l’objectif mondial de limiter l’élévation de la température moyenne à 1,5°C d’ici 2100.

Pour rappel, le premier Plan Climat de la capitale prévoyait une réduction de 25% des émissions de gaz à effet de serre et des consommations d’énergie, tout en portant à 25% la part des énergies renouvelables et de récupération.

« La ville de Paris veut aller encore plus loin dans ses objectifs »

 

Paris, ville neutre en carbone en 2050

 

Plusieurs mesures du PCAET de la ville concernent les transports. L’ambition de la capitale est d’atteindre zéro véhicule diesel à l’horizon 2024, et zéro véhicule essence à l’horizon 2030. Paris voudrait également devenir 100% cyclable dès 2020. Une réflexion doit aussi être menée sur « l’avenir du boulevard périphérique » avec par exemple « l’idée de réserver une voie aux véhicules de covoiturage ».

 

La rénovation énergétique au centre du PCAET

 

L’objectif de la capitale est de diviser par deux sa consommation énergétique, pour cela, le plan climat a prévu plusieurs mesures. La ville propose ainsi de produire localement 20% d’énergie renouvelable (toitures et centrales solaires, géothermie) et de réduire de 20% la précarité énergétique dont souffrent 77 000 ménages parisiens, via un « Pacte territorial de lutte » qui sera élaboré d’ici 2020. Autre défi majeur, la rénovation des 110 000 immeubles parisiens d’ici 2050 :

  • 2018 : La capitale s’engage à poursuivre le financement de la rénovation de 4 500 logements par an en portant l’objectif de gain énergétique moyen à 60%
  • 2020 : Le rythme de rénovation des logements sociaux devrait accélérer pour atteindre 5 000 logements par an et un gain énergétique moyen de 60%
  • 2030 : La ville s’engage à rénover ses équipements les plus énergivores parmi lesquels 300 écoles, 40 collèges et 15 piscines pour une diminution de 40% des consommations énergétiques du parc municipal.

Il est également prévu de rénover 50 millions de m² de commerces, bureaux, hôtels et établissements publics d’ici 2050. Des éco-quartiers neutres en carbone devraient également voir le jour.

 

Un Paris plus vert

 

Dans son Plan Climat, la ville veut promouvoir « l’évolution vers un régime alimentaire flexitarien » (régime alimentaire qui consiste à réduire la consommation de viande). Paris veut ainsi soutenir l’objectif de 20% de surfaces agricoles utiles biologiques en Ile-de-France en 2030 et de 30% en 2050. L’amélioration du cadre de vie est également concernée par le plan puisqu’il prévoit la multiplication des rues apaisées et végétalisées dans tous les arrondissements d’ici 2020.

L’objectif est d’atteindre 40% de surfaces perméables végétalisées sur le territoire parisien d’ici 2050, dont les cours d’écoles qui doivent être « débitumées ». Toujours pour 2050, la ville affiche un objectif de « zéro déchet non valorisé » et pour cela, 1 000 stations Trilib’ seront installées en 2020. La collecte des déchets alimentaires sera également généralisée. Les chantiers ne sont pas exclus, en 2030, la moitié d’entre eux devront en effet atteindre un objectif de « zéro déchet enfoui » pour 2050. La totalité des chantiers devront respecter cet objectif.

Le Plan climat sera présenté au Conseil de Paris fin novembre puis il fera l’objet d’une consultation publique de décembre à février, avant son adoption finale en mars 2018.

 

GARNIER Charline, VITET Romain,  ALTEREA

 

Les transports représentent le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France, et c’est particulièrement la voiture individuelle qui est responsable de ces émissions. Sources de fatigue et de stress pour bon nombre d’entre nous, les déplacements peuvent aussi représenter un budget important. Les entreprises sont également confrontées à ces problématiques en générant de nombreux déplacements domicile-travail et professionnels. Face à ces constats, voici quelques solutions pour réduire les coûts des déplacements professionnels.

 

Rationaliser & agir sur la flotte de véhicules

 

Un parc de véhicule coûte cher. Ce serait l’un des premiers postes de dépenses des plus grosses entreprises (juste derrière la masse salariale selon Le nouvel Économiste). Le premier moyen de réduire les coûts associés est de le rationaliser afin de s’assurer que celui-ci soit adapté au nombre d’usagers et aux besoins réels. Un audit complet semble être indispensable afin de réduire et/ou remplacer certains types de véhicules selon leur taux d’usage. Une flotte rationnelle se caractérise par un taux d’utilisation important des véhicules.

De nombreuses actions peuvent par la suite être mises en place :

  • Mutualiser l’utilisation des véhicules avec un service d’auto-partage. Un véhicule de fonction effectuant moins de 10 000 km par an peut être considéré comme sous-utilisé. L’auto-partage consiste à permettre aux employés d’emprunter, selon leurs besoins, l’un des véhicules de la société, préalablement réservé. Ainsi, la taille du parc automobile peut être réduit de 30 à 40%.
  • Remplacer les véhicules de plus de cinq anspar des véhicules hybrides ou électriques. Les véhicules électriques présentent l’avantage d’avoir un coût du carburant au kilomètre beaucoup plus faible (2€ pour 100 km, soit 5 à 7 fois moins qu’un véhicule thermique). Ces véhicules demandent peu d’entretien et n’émettent pas de polluants.
  • Mettre en place un « crédit mobilité ». Le crédit mobilité permet de réduire considérablement la taille de la flotte en proposant aux collaborateurs de troquer leur voiture de fonction par un véhicule plus petit ou un véhicule en auto-partage, et une enveloppe budgétaire appelée « crédit mobilité » leur permettant de financer leurs déplacements privés(train, locations de voiture, taxi, etc.).
  • Réaliser des formations à l’éco-conduite afin de diminuer les consommations de carburants et les accidents.

 

Promouvoir les alternatives

 

L’entreprise peut aussi favoriser certaines pratiques ainsi que les modes de déplacements alternatifs. En plus de réduire les coûts, les solutions suivantes permettent d’améliorer le bien-être des collaborateurs :

  • Mettre en place une flotte de vélos à assistance électrique pour encourager l’utilisation sur des distances relativement faibles (en dessous de 8 km).
  • Promouvoir la pratique des modes doux (marche, vélo, etc.) et alternatifs (transports en commun, covoiturage, etc.)  par des événements de sensibilisation, des supports de communication ou encore des dispositifs d’accompagnement.
  • Encourager la visioconférence. Cette pratique permet d’organiser des réunions dans des conditions comparables à celle d’une réunion réelle tout en réduisant les déplacements et en favorisant un meilleur équilibre vie professionnelle et personnelle.

 

Réaliser un plan de mobilité

 

Rendu obligatoire par l’article 51 de la Loi de Transition Energétique pour les entreprises de plus de 100 salariés sur un même site (et situées dans le périmètre d’un Plan de Déplacements Urbains), le plan de mobilité permet de mettre en place une véritable démarche de management de la mobilité dans l’entreprise en optimisant tous les déplacements liés à l’activité d’une organisation (déplacements professionnels, domicile-travail, déplacements des visiteurs).

Loin d’être exhaustives, ces solutions permettent de réduire les coûts liés aux déplacements professionnels et répondent à de nombreux enjeux socio-environnementaux qui entrent en compte dans la politique développement durable des entreprises.

 

Thomas Chauveau – Responsable CommunicationEkodev

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