Secteur de l’agroalimentaire : 2 axes pour agir en amont sur l’empreinte carbone de vos produits par Climat Mundi et ECO2 Initiative

 

Comment agir en tant qu’entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire sur l’impact carbone des produits en amont de la chaîne d’approvisionnement ? 2 leviers d’action : nouer une relation partenariale qui prend en compte l’empreinte carbone des produits et apprendre à poser les bonnes questions à vos fournisseurs.

Si votre entreprise travaille dans le secteur de l’agroalimentaire, vous avez peut-être été confronté à la difficulté de maîtriser l’empreinte carbone de vos produits en amont de la chaîne d’approvisionnement. Pourtant, pour avoir un réel impact sur les émissions de gaz à effet de serre de vos produits, il est primordial de s’intéresser à ce qui se passe en amont. En effet, 70% des émissions ont lieu directement dans le champ ! Pour la culture, le transport représente seulement 10% des émissions, l’énergie en usine agro-alimentaire également 10% et l’emballage moins de 1%. Pour l’élevage, ces derniers postes deviennent même complètement négligeables tant la production de viande nécessite de ressources (source : ADEME).

Ainsi, comme dans tout processus de production-consommation, tous les acteurs de la chaîne de production alimentaire sont concernés par leur propre empreinte carbone et par celle des acteurs qui sont en amont. Cependant, cette partie du cycle de vie du produit n’étant pas nécessairement gérée par votre entreprise mais par un fournisseur, il peut paraître difficile d’intervenir pour en réduire l’empreinte carbone globale !

Alors comment s’y prendre ? Vos leviers d’actions vont se situer au niveau de la relation commerciale que vous nouez avec vos fournisseurs.

Inclure l’empreinte carbone dans les critères de partenariat

La façon la plus directement opérationnelle de progresser sur le sujet de l’empreinte carbone de vos produits est de nouer un/des partenariat(s) avec un/des fournisseur(s) en ayant la volonté commune de s’améliorer sur ce critère. Leur attitude positive ou non devant une telle proposition pourrait même devenir un critère de sélection à court terme. L’empreinte carbone des produits achetés pourra intervenir in fine comme un des critères de choix d’un fournisseur à qualités gustative et nutritive équivalentes.

La relation partenariale a l’avantage pour le fournisseur concerné de réduire le risque commercial associé à l’évolution de ses pratiques, puisque la démarche se fait en accord avec son client. In fine,cela revient à vous permettre d’intervenir – au travers de cette relation partenariale provisoire et de façon transitoire – sur les étapes amont du cycle de vie de vos produits.

Apprendre à poser les bonnes questions  à vos fournisseurs

Un autre levier intéressant à utiliser auprès de vos fournisseurs est d’apprendre à poser les bonnes questions pour mieux évaluer l’impact environnemental de vos produits. En effet, pour pouvoir agir sur leur empreinte carbone, il est important d’en comprendre les principaux déterminants. Cette démarche sera d’autant plus facile si la relation avec votre fournisseur est ouverte à la collaboration, comme vu ci-dessus.

S’il s’agit d’un produit brut acheté auprès d’un exploitant agricole :

  • Quelle quantité et quel type d’énergie consommée par kilogramme de produit pour la culture et/ou l’élevage ?
  • Quels sont les intrants utilisés pour cultiver le produit : produits phytosanitaires (insecticides, pesticides), types d’engrais ? Quelle quantité d’intrants par kilogramme de produit ?
  • Quels modes de cultures pour un produit d’origine végétale : hors-sol, sous serre, en plein champ, etc ?
  • Quels modes d’élevages pour un produit d’origine carnée : plein air, pâturage, autonomie alimentaire de l’élevage ou importation d’aliments ?
  • Quels labels de qualité possède-t-il : bio, label rouge, AOP, etc ?
  • Quelle est sa provenance et quel est le mode de transport utilisé ?
  • Quels emballages utilisés : quantité et type ?
  • Quelle quantité de déchets par kilogramme produit ?

S’il s’agit de produits déjà préparés achetés auprès d’une entreprise ayant déjà procédé à une première transformation :

  • Quels sont les constituants ? Une viande bovine aura un impact beaucoup plus important que n’importe quelle autre viande ou que n’importe quelle protéine d’origine végétale.
  • Quelle est la provenance de ces constituants et les modes de transport utilisés ?
  • Quelle quantité et quel type d’énergie consommée pour le processus de transformation ?
  • Quels emballages utilisés : quantité et type de matériau ?
  • Quelle quantité de déchets par kilogramme produit ?

Plus vous serez proches de vos fournisseurs, plus il vous sera facile de poser des questions précises et de travailler sur les points d’amélioration de l’empreinte carbone de vos produits, en amont de la chaîne d’approvisionnement. L’avantage pour vous est de gagner en savoir-faire sur les marges de manœuvre à cette étape du cycle de vie, autant de leviers d’actions que vous pourrez ensuite demander à d’autres fournisseurs d’activer. Vous récupérez ainsi la maîtrise de votre empreinte carbone tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Jean-Luc Manceau, dirigeant du cabinet Climat MundiRémi Marcus et Shafik Asal, co-fondateurs du cabinet ECO2 Initiative


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.