La communauté d’agglomération de Saint-Quentin-En-Yvelines a mis en place une plateforme participative, ESQYMO. Sur cette plateforme, les habitants peuvent trouver des informations sur le PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial) et faire des propositions, susceptibles d’être votées par les citoyens. Une expérience que nous explique Véronique Portemont, chargée de l’animation du PCAET de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Avec cet article, nous donnons la parole à une collectivité qui a utilisé la mise en valeur des émissions indirectes comme outil de mobilisation des habitants de son territoire.

Véronique Portemont, vous êtes chargée de l’animation du PCAET de Saint-Quentin-en-Yvelines (SQY) après en avoir supervisé l’élaboration. Pouvez-vous nous expliquer en quoi la mise en valeur des émissions indirectes a permis de mobiliser les habitants ?

 

Tout d’abord, nous avons eu la chance de bénéficier de l’expérimentation de l’outil GESI. Notre Agence Locale pour l’Energie et le Climat (ALEC) a en effet utilisé cet outil pour quantifier les émissions de gaz à effet de serre du territoire. Or l’outil GESI ne se contente pas d’identifier les émissions des scopes 1 et 2, il quantifie aussi les émissions du scope 3.

2 postes d’émissions importants : le transport et l’alimentation

Par ailleurs, le rapport du diagnostic du PCAET a mis en valeur l’empreinte carbone d’un habitant du territoire.  Le poids de l’alimentation est très important : c’est le deuxième poste avec 24% des émissions derrière les émissions liées au transport (44%). Compte-tenu de ces chiffres, notre PCAET se devait d’aller au-delà d’une vision strictement cadastrale. Il fallait impliquer les habitants dans une réflexion sur leur mode de consommation.

Ce diagnostic a été soumis à notre Conseil de Développement (CODESQY). Celui-ci a produit une analyse fouillée et pertinente du diagnostic, entérinant les atouts indéniables du territoire. Il a préconisé d’animer le PCAET par une mobilisation importante des acteurs du territoire.

Un processus de concertation collaboratif

Pour le processus de concertation, SQY a organisé des ateliers à la fois numérique et présentiel. Ces ateliers ont permis de collecter presque 600 contributions. Ce chiffre était de bon augure pour le déploiement de notre PCAET !

Notre plateforme ESQYMO est conçue comme un observatoire citoyen de notre PCAET. N’importe quel habitant de Saint-Quentin en Yvelines peut y trouver toutes les informations liées au PCAET (diagnostic, fiches actions…), mais aussi y déposer une proposition. Les plus pertinentes sont ensuite soumises au vote des citoyens. Au-delà de 200 votes, les actions seront intégrées au plan d’actions, sous réserve de validation par le comité de pilotage.

D’ores et déjà, le volet agriculture et alimentation du PCAET fait l’objet d’une animation particulière. En effet, il apparaît évident que les terres agricoles présentes sur le territoire ne permettent pas d’alimenter tous les habitants. Depuis quelques années, plusieurs AMAP ont été créées, des projets d’installation d’agriculteurs bio sont en gestation, des citoyens s’engagent dans une réflexion visant à réduire les émissions de leur alimentation.

Un accompagnement des Saint-Quentinois par la communauté d’agglomération

SQY accompagne ces projets au travers de plusieurs actions. Nous mettons les circuits courts en valeur, avec un fascicule d’information « Manger local », dans le bulletin d’information communautaire.  La communauté d’agglomération organise également des cycles de conférences d’information : “Agri et urba”. Ces conférences traitent des enjeux de paysage, d’agriculture périurbaine et urbaine et des circuits courts.

D’autres actions pourront émerger pour diminuer l’impact carbone de l’alimentation des Saint-Quentinois. Nous pourrions agir par exemple sur l’alimentation scolaire, ou encore l’organisation de filières de transformation alimentaires locales. L’évolution des marchés publics d’achat est également une piste à envisager. C’est un des enjeux importants du PCAET de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Propos recueillis par Jean-Luc Manceau, gérant de Climat Mundi

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Cet article est le troisième d’une série consacrée aux émissions indirectes du territoire. Voici les 3 autres articles :

 

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