Joyeux Anniversaire Kyoto ! par Avenir 4

En décembre 2017, la COP23 qui se tiendra à Bonn (Allemagne) sera l’occasion de fêter les 20 ans du protocole de Kyoto.

En 1997, la communauté internationale s’engageait en effet dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cet engagement a été adopté 5 ans seulement après la conférence de Rio, où le problème avait été officiellement acté pour la première fois. Mais il n’est entré en vigueur qu’en 2005, à quelques années de son terme.

Depuis 20 ans, nous naviguons entre euphorie, déceptions, espérances et belles déclarations.

Des raisons d’être optimiste

Dans l’article « inquiétudes et soulagements – retour sur 20 ans de rebondissements », nous analysions le progrès constant réalisé par la France. Malgré de regrettables atermoiements et une apparente lenteur dans les progrès, le cap du facteur 4 est maintenu. La situation actuelle était inconcevable il y a 15 ans.

A l’échelle internationale, la posture inquiétante du nouveau président US et les nouvelles alarmantes de l’arctique et antarctique continuent à nous rappeler que l’euphorie n’est pas de mise. Néanmoins, nous avons de bonnes raisons de rester optimiste : nous disposons de nombreux outils pour mettre en œuvre la transition. Toutes les parties prenantes commencent à s’approprier les questions énergies-climat ; le cadre juridique et institutionnel s’organise ; les dispositifs de financement et les expérimentations se développent. Nous avons aussi des lièvres à suivre : dans tous les domaines, il existe des pays leaders, qui nous incitent à progresser toujours plus vite.

Pour garder cet optimisme, il faut garder en tête les mots de Pierre Radanne qui nous invite à « aimer ce siècle ». Il faut écouter Pierre Rabhi, appelant à « l’insurrection des consciences ».  Si nous agissons tous à notre petite échelle, tels des colibris, nous sommes capables de grands changements. Au-delà de ces postures philosophiques, un minimum de pragmatisme s’impose. Il faudra donc, aussi, se réconcilier avec les mathématiques, comme le suggère J.M. Jancovici, pour savoir identifier les vraies bonnes actions et les fausses bonnes idées.

Des raisons d’agir

Quelle que soit l’issue des négociations internationales en cours, nous resterons responsables de nos choix. Ainsi, n’attendons pas de souffler les 20 bougies de Kyoto pour isoler nos bâtiments. N’attendons pas d’une COP qu’elle redessine nos infrastructures de transport en commun. De même, ce n’est pas à l’ONU que se décideront, en décembre, l’embauche d’un économe de flux dans une collectivité ou l’installation d’une chaufferie biomasse dans une usine.

Pour honorer comme il se doit les 20 ans du protocole de Kyoto, nous devons redoubler d’effort et investir plus que jamais dans l’économie bas carbone. Faisons-en sorte que cet anniversaire ne soit pas un rappel macabre des difficultés diplomatiques à l’échelle internationale. Espérer que les négociations de la COP23 aboutissent à des mesures vertueuses et concrètes, espérer que les Etats tiennent leurs engagements ne suffit pas pour faire de vous un acteur sensible aux problèmes climatiques. La meilleure manière de démontrer votre sensibilité, c’est d’agir. Certains agissent déjà, d’autres font semblant, certains attendent. Nous ne devons pas attendre que l’ONU règle seule les problèmes climatiques. Chacun, à son échelle, doit agir. Plus le temps passe, et plus il devient immoral d’attendre ou de faire semblant d’agir.

Il y a 2 ans, beaucoup d’actions ont été mise en œuvre à l’occasion de la COP21. Espérons que les 20 ans de Kyoto puissent être l’occasion d’un engouement similaire, pour redonner un élan aux actions vertueuses.

Vincent ProvotAvenir 4

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