Des leviers d’actions simples existent pour initier la transition énergétique, écologique et solidaire dans votre commune. Diagnostics rapides auprès des organismes adéquats, réalisation d’actions exemplaires ainsi qu’un appui sur les acteurs du territoire sont les clés pour avancer.

S’investir en tant que collectivité dans une stratégie climat sans être obligée par un PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial), c’est possible. Sachez que plusieurs ressources existent pour vous permettre d’amorcer la transition et de mettre en place un plan d’actions simple et clair pour la population et les agents de la collectivité.

Obtenir un rapide diagnostic auprès des organismes adéquats

De rapides éléments de diagnostics du territoire peuvent être obtenus auprès des agences locales ou régionales de l’énergie, de l’air ou du climat. Ce diagnostic simple doit permettre d’identifier les grandes tendances d’évolution climatique, les grands postes de consommation d’énergie fossile et d’émissions de polluants atmosphériques du territoire. En général, à de rares exceptions près, transports et chauffage représentent une part significative du problème sur lesquels une collectivité doit concentrer ses efforts.

Mobiliser par des actions exemplaires plutôt qu’effectuer de longs diagnostics

S’il s’agit d’une première démarche, il peut être intéressant de concentrer les moyens d’actions sur quelques actions exemplaires et visibles par tous afin de mobiliser autour de cette première action politique plutôt que de se lancer dans de longs et fastidieux diagnostics. Pour cela, une collectivité peut aujourd’hui s’appuyer sur les nombreux retours d’expérience de territoires pionniers qui ont entamé des démarches exemplaires à travers toute la France. On peut par exemple citer le réseau TEPOS animé par le CLER.

Par exemple, une identification des axes de déplacements majeurs sur le territoire directement réalisée par les acteurs peut permettre de prioriser le déploiement d’un réseau de pistes cyclables adaptées. En milieu rural où le bois-énergie représente une part importante des modes de chauffage, si l’enjeu est l’amélioration de la qualité de l’air, des techniques simples d’utilisation (foyers fermés, allumage par le haut, séchage du bois) permettent d’améliorer rapidement la qualité de l’air avant d’envisager des investissements plus importants via des changements d’équipement.

S’appuyer sur une ressource souvent insoupçonnée : les acteurs du territoire

Enfin, les enjeux de la transition écologique et solidaire nécessitent une mobilisation large et transversale de tous les acteurs d’un territoire. A l’échelle d’une commune, les habitants et les services peuvent être inclus dans l’identification d’actions prioritaires à mettre en œuvre. Les entreprises, les agriculteurs et les associations peuvent également être mobilisés. L’ensemble de ces acteurs représentent souvent une ressource insoupçonnée d’un territoire. En effet, certains citoyens, certaines entreprises ou certaines associations ont développé depuis plusieurs années une fine expertise des enjeux énergie / climat qui peut aussi guider l’action politique d’une collectivité modeste. Evidemment, ce genre de démarches concertées demande de réinventer les modes de décision politiques pour éviter que chacun ne cherche à tirer la couverture à soi tout en bénéficiant de l’expertise locale des différents acteurs.

Guillaume Martin, Pôle Energie Carbone chez B&L Evolution


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie-climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

 

Intégrer les flux de marchandises dans sa stratégie climat est primordial pour une approche carbone complète. Mais comment avoir une vision claire de leur chaîne de transport ? La solution : en réaliser une cartographie géographique et temporelle.

Cartographier ses flux de marchandises

Le manque de visibilité sur le transport de vos marchandises peut nuire à la prise en compte globale de l’impact carbone de votre structure dans sa stratégie climat. Vous connaissez certainement vos tonnages achetés, vendus et évacués mais peut-être manquez-vous de connaissance sur les flux de ces marchandises, car  vous n’intervenez pas directement à cette étape.

Or, la connaissance des flux de marchandises, quelles qu’elles soient, est un élément majeur pour une approche carbone complète. Il s’agit d’une connaissance à acquérir pour l’entreprise qui ne dispose souvent que d’informations partielles sur le sujet.

La solution efficace est de bâtir une cartographie des flux. Cette cartographie doit se réaliser sur deux échelles :

Une cartographie géographique des flux

Elle vise à retracer les mouvements des marchandises, aussi loin que l’on peut les identifier ou au moins sur lesquels une action est envisageable. Ainsi, type de marchandise par type de marchandise, les différentes étapes sont portées sur un graphique de flux : départ, étapes, lieux de livraison. La plus facile est souvent celle des flux sortants que l’on maîtrise. Celle des flux entrants nécessite des échanges avec vos fournisseurs et celle des flux de déchets des échanges poussés avec les organismes gestionnaires de la collecte et du traitement. Cette cartographie va souvent faire apparaître des étapes insoupçonnées.

Comment mieux gérer vos flux de marchandises ?

Un exemple de cartographie géographique des flux

Une cartographie “temporelle”.

Même si le terme de cartographie semble peu adapté, il s’agit ici de faire une représentation graphique du nombre de mouvements. Combien de livraisons et quels jours? Combien de départs clients par semaine? Ce type de représentation fera bien souvent apparaître immédiatement les mutualisations possibles et les regroupements à envisager.

Avec ces deux outils, votre structure sera en mesure de mieux visualiser le parcours complet de vos marchandises, dans le temps et l’espace. Cela fera ainsi ressortir les leviers d’actions dont vous disposez pour optimiser ces flux.

Cette cartographie des flux est tellement nécessaire qu’elle est devenue obligatoire dans la V8 de la méthode Bilan Carbone®.

Gilles Grandval

Responsable du pôle énergie climat chez Mosaïque Environnement, Vice-Président de l’APCC.


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie-climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

La course à l’échalote des comparatifs intermodaux

La problématique de l’excès global des émissions de polluants dues aux transports alimente des querelles sur les moyens qu’il serait préférable de substituer aux autres pour un même usage de mobilité. De multiples sources et documents contradictoires revendiquent la supériorité environnementale d’un moyen sur un autre, comme animés d’une permanente course à l’échalote. Comment arbitrer sans s’égarer dans la contre-productivité ?

Dans le domaine des courtes distances, les transports en commun urbains ont un bon facteur d’émission, mais faut-il pour autant les développer quand ils ne sont pas rentables, signe de taux de remplissage faibles ? Les deux-roues à essence sont petits et légers, peu gourmands en infrastructure et en carbone, mais ils sont aussi très souvent largement plus polluants qu’une voiture…

Dans les moyennes distances, le transport ferroviaire comme la voiture électrique bénéficient d’un très favorable impact kilométrique, particulièrement en France métropolitaine où l’électricité est, en moyenne, peu carbonée. Pour autant, lorsque l’on s’interroge sur la nature de l’électricité supplémentaire qu’ils requièrent dans les cas où on les privilégie sur d’autres moyens qui ne croisent pas le réseau électrique, leur pertinence relative s’étiole. Quand ils justifient d’installer des logements loin des centres d’activité ou vice-versa, leur intérêt relatif chute.

Sur les longues distances, le transport aérien, sur un gros porteur récent, permet à un passager de consommer deux à trois fois moins de carburant par kilomètre que s’il était seul dans une voiture particulière. Les émissions de vapeur d’eau en haute altitude équilibrent la comparaison carbone.  Mais quand on aborde le sujet du tourisme a-t-on bien soupesé sa capacité à franchir les océans, bien au-delà du rayon de parcours de la même voiture, décuplant ainsi l’impact global des vacances ?

Le transport maritime a un facteur d’émission des meilleurs en masse.kilomètre transportée. Mais les vacanciers en paquebot de croisière émettent bien davantage en avion pour se rendre aux escales. Quant aux marchandises, est-ce bien raisonnable de faire faire plus d’une fois le tour de la terre aux matériaux, pour terminer en produit quasi jetable ? L’enjeu est alors souvent de limiter notre dépendance envers ces petits dinosaures du quotidien que sont peu à peu devenus les transports motorisés !

Les évaluations carbone des transports motorisés sont donc remplies de paradoxes qui nécessitent, pour avoir du sens, une analyse globale de leurs alternatives et des effets rebond potentiels. Sans oublier de s’interroger au préalable sur la nécessité d’un transport puis sur la réduction de sa distance et de sa vitesse, elles requièrent du temps et du recul pour le choisir au mieux… sans occulter la pollution de l’air induite !

Laurent Castaignède , directeur de BCO2 Ingénierie, auteur de Airvore ou la face obscure des transports, éditions Ecosociété.

Source : Laurent Castaignède, Airvore ou la face obscure des transports, éditions Ecosociété, paru le 05 avril 2018, 25 € en librairie.

La fiscalité permet d’influer sur les comportements : les taxes sur le tabac et l’alcool font partie des outils pour en réduire la consommation.  Pour modifier les comportements en matière d’émissions de CO2, il était logique d’instaurer une taxe proportionnelle au contenu en CO2 : en France, cela a été fait pour les combustibles fossiles en 2014 sous la forme d’une composante carbone dans les taxes intérieures de consommation d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).  De 7 € au départ, la valeur de la tonne de CO2 (tCO2) a été portée progressivement à 30,5 € en 2017, avec un objectif de 100 € en 2030.

Compte tenu des cours bas du pétrole et du gaz, cette hausse de la fiscalité a été peu ressentie, mais une disposition du projet de Loi de Finance 2018 donne un sérieux coup d’accélérateur à l’augmentation de la taxe carbone : elle sera multipliée par presque trois en 5 ans pour atteindre 86 €/tCO2 dès 2022, contre 65 €/tCO2 initialement prévu dans la Loi de Transition Energétique pour la croissance Verte.

Concrètement, entre 2017 et 2022, le prix du MWh de gaz augmentera de plus de 10 €, soit une hausse annoncée de la facture de 25 % pour un gros consommateur payant son gaz 40 €/MWh.  Pour les carburants routiers, compte tenu du rattrapage de fiscalité entre l’essence et le diesel, la hausse des taxes intérieures sera de 0.25 € par litre pour le diesel et moitié moins élevée pour l’essence.  La hausse annoncée de cette taxe, qui pourrait se conjuguer avec une hausse des cours, sera donc perceptible.

Plus les énergies fossiles seront chères, plus les consommateurs chercheront à les économiser, et plus il sera rentable financièrement de le faire : c’est le premier objectif de la taxe carbone. Le fait que la hausse soit annoncée permet de la prendre en compte dès aujourd’hui dans les calculs de rentabilité. L’autre avantage de la taxe carbone est d’apporter des revenus à l’état, réaffectés à la réduction de la fiscalité sur l’emploi et au financement de la transition énergétique.  Une partie de la taxe a donc servi à réorienter la fiscalité pour moins taxer le travail, avec comme effets attendus plus d’emploi, moins d’importations, moins d’émissions de CO2.  Les fonds de la transition énergétique permettent de subventionner les études et investissements visant à réduire la consommation d’énergies fossiles.   La taxe carbone devrait donc donner un sérieux coup de fouet à la transition énergétique.

Les organisations ont maintenant tout intérêt à réduire leurs propres émissions, mais elles ne doivent pas oublier celles de leurs fournisseurs, qui seront contraints d’augmenter leurs tarifs s’ils ne font rien, ni celles liées à l’utilisation de leurs biens et services : c’est toute la chaîne de valeur d’un produit ou d’un service qu’il faut prendre en considération pour réduire son empreinte CO2, … et améliorer sa performance économique.

Par le Cabinet Lamy Environnement

 

EDF a élaboré un plan solaire qui prévoit le développement et la construction de 30 GW de solaire photovoltaïque en France entre 2020 et 2035. Un investissement total de 25 milliards d’euros.

 

Le plan solaire du fournisseur d’énergie représente quatre fois les capacités actuelles d’énergie solaire en France. En effet, la France a du retard concernant l’installation d’énergie solaire, pourtant elle dispose du 5e potentiel d’ensoleillement d’Europe. En Allemagne, par exemple, le photovoltaïque représente 6,2% de la production d’électricité avec une production de 38,3 TWh/an contre 1,6% (8,3 TWH/an) en France. Avec ce retard, la France risque fortement de ne pas atteindre l’objectif de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de 18,2 et 20,2 GW installés pour 2023.

 

Un plan solaire avec des objectifs ambitieux

 

Ce plan solaire vient répondre aux objectifs gouvernementaux de rééquilibrage du mix électrique français à travers le développement massif des renouvelables sur le territoire. Pour permettre au fournisseur d’énergie de répondre aux objectifs de l’État, plusieurs solutions existent :

  • Le développement de grandes fermes solaires au sol
  • La reconversion de friches industrielles
  • L’installation de photovoltaïque sur les toitures de certains bâtiments
  • Le développement du photovoltaïque flottant sur les sites hydrauliques

 

« EDF compte installer 1,5 GW par an entre 2020 et 2025 »

 

La mise en place de ce plan nécessite de libérer 25 000 à 30 000 hectares de terrain. Ainsi, EDF compte installer 1,5 GW par an entre 2020 et 2025, puis 2 GW par an entre 2026 et 2030 et 2,5 GW par an entre 2031 et 2035. De plus, on constate en Europe que le coût du photovoltaïque a chuté. Le plan mis en place par EDF devrait permettre de créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France.

Afin de mettre en œuvre l’objectif de réaliser de grandes fermes solaires avec une puissance de 100 MW, la réglementation française doit être révisée. Aujourd’hui, la législation limite la taille des fermes photovoltaïques à 17 MW. Le gouvernement est également attendu pour le lancement d’appels d’offres via la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

 

Auteurs de l’article :

GARNIER Charline, VITET Romain, communication, ALTEREA