La bonne tenue de vos indicateurs clés conditionne la réussite de votre stratégie climat globale. Pour s’assurer de les remplir et de les suivre correctement, l’implication des salariés dans le processus ainsi que leur sensibilisation aux enjeux énergie climat sont essentielles.

Mettre en place une stratégie climat au sein de votre entreprise nécessite de fixer des indicateurs clés pour rendre compte de l’impact des actions réalisées et fixer la trajectoire de votre stratégie. Ces indicateurs, pour être efficace, se doivent d’être correctement définis, partagés, puis renseignés et suivis. Or, il est parfois bien difficile de s’assurer que ces tâches soient réalisées comme il faut ! L’obstacle : un manque de compréhension de leur mission de la part des personnes en charge de remplir les indicateurs.

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Voir au-delà du comité de pilotage

 

Pour s’assurer d’avoir des indicateurs fonctionnels, une solution est donc de sensibiliser l’ensemble des personnes amenées à prendre part dans le plan de réduction des émissions, et ce quel que soit leur niveau d’implication. En effet, il est fort possible que votre entreprise possède un petit groupe de personnes déjà très impliquées, à savoir le comité de pilotage qui suit généralement l’ensemble de la mission d’évaluation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre de votre structure.

Cependant, ce petit groupe très « sachant » sur les enjeux carbone et qui généralement décide des indicateurs à mettre en place, va devoir s’appuyer sur un réseau de salariés au niveau d’engagement moindre, mais situés à des postes clés de l’entreprise dans le cadre du plan de réduction des émissions. Ces salariés participeront de manière active au plan de réduction et devront renseigner les indicateurs mis en place… autant de missions qui demandent de la motivation !

Or, cette motivation va découler en grande partie de la compréhension de la stratégie qui est mise en place et du sentiment d’avoir été activement impliqué(e) dans la démarche. Ainsi, il est essentiel de les faire participer à différents stades de la démarche.

 

Deux leviers d’actions pour impliquer vos salariés

 

Mettre en place une concertation de parties prenantes internes.

Au moment de déterminer les indicateurs à mettre en place, une bonne démarche est de procéder à une concertation des parties prenantes internes. Identifiez les personnes qui auront un rôle à jouer dans le remplissage et le suivi des potentiels indicateurs, puis assurez-vous de recueillir l’avis de ces personnes et d’en tenir compte. Ceci peut se faire via des ateliers participatifs, en co-construction avec un membre du comité de pilotage par exemple, ou un sondage ludique.

Sensibiliser en amont

Pour mieux faire comprendre l’intérêt pour l’entreprise de s’investir dans une démarche de réduction des GES et donc l’intérêt de suivre les indicateurs, il est important que les personnes concernées comprennent les enjeux énergie climat et puissent établir le lien avec l’activité de leur entreprise.

Cette sensibilisation peut se faire en présentiel comme à distance, par des formations sur site ou des visioconférences. Des outils de communication interne peuvent également vous aider à véhiculer le message à l’ensemble de vos salariés. Par exemple, si vous avez un intranet, il pourrait contenir une section consacrée à l’explication pédagogique des enjeux énergie climat et de votre stratégie climat aux salariés. Réalisez des vidéos et des plaquettes d’explication à faire circuler en interne, diffusez des articles à ce propos dans le journal ou la newsletter interne de l’entreprise. Il est même envisageable de créer de petits événements ponctuels consacrés à la thématique !

En impliquant vos salariés dans la prise de décision et en les sensibilisant à la démarche, il y a de fortes chances pour qu’ils soient plus motivés à remplir et à suivre correctement les indicateurs que vous aurez mis en place. Ainsi, ces actions auront un impact positif sur l’efficacité globale de votre stratégie climat.

Jacques Aflalo, dirigeant du cabinet A2DM

Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

 

Comment agir en tant qu’entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire sur l’impact carbone des produits en amont de la chaîne d’approvisionnement ? 2 leviers d’action : nouer une relation partenariale qui prend en compte l’empreinte carbone des produits et apprendre à poser les bonnes questions à vos fournisseurs.

Si votre entreprise travaille dans le secteur de l’agroalimentaire, vous avez peut-être été confronté à la difficulté de maîtriser l’empreinte carbone de vos produits en amont de la chaîne d’approvisionnement. Pourtant, pour avoir un réel impact sur les émissions de gaz à effet de serre de vos produits, il est primordial de s’intéresser à ce qui se passe en amont. En effet, 70% des émissions ont lieu directement dans le champ ! Pour la culture, le transport représente seulement 10% des émissions, l’énergie en usine agro-alimentaire également 10% et l’emballage moins de 1%. Pour l’élevage, ces derniers postes deviennent même complètement négligeables tant la production de viande nécessite de ressources (source : ADEME).

Ainsi, comme dans tout processus de production-consommation, tous les acteurs de la chaîne de production alimentaire sont concernés par leur propre empreinte carbone et par celle des acteurs qui sont en amont. Cependant, cette partie du cycle de vie du produit n’étant pas nécessairement gérée par votre entreprise mais par un fournisseur, il peut paraître difficile d’intervenir pour en réduire l’empreinte carbone globale !

Alors comment s’y prendre ? Vos leviers d’actions vont se situer au niveau de la relation commerciale que vous nouez avec vos fournisseurs.

Inclure l’empreinte carbone dans les critères de partenariat

La façon la plus directement opérationnelle de progresser sur le sujet de l’empreinte carbone de vos produits est de nouer un/des partenariat(s) avec un/des fournisseur(s) en ayant la volonté commune de s’améliorer sur ce critère. Leur attitude positive ou non devant une telle proposition pourrait même devenir un critère de sélection à court terme. L’empreinte carbone des produits achetés pourra intervenir in fine comme un des critères de choix d’un fournisseur à qualités gustative et nutritive équivalentes.

La relation partenariale a l’avantage pour le fournisseur concerné de réduire le risque commercial associé à l’évolution de ses pratiques, puisque la démarche se fait en accord avec son client. In fine,cela revient à vous permettre d’intervenir – au travers de cette relation partenariale provisoire et de façon transitoire – sur les étapes amont du cycle de vie de vos produits.

Apprendre à poser les bonnes questions  à vos fournisseurs

Un autre levier intéressant à utiliser auprès de vos fournisseurs est d’apprendre à poser les bonnes questions pour mieux évaluer l’impact environnemental de vos produits. En effet, pour pouvoir agir sur leur empreinte carbone, il est important d’en comprendre les principaux déterminants. Cette démarche sera d’autant plus facile si la relation avec votre fournisseur est ouverte à la collaboration, comme vu ci-dessus.

S’il s’agit d’un produit brut acheté auprès d’un exploitant agricole :

  • Quelle quantité et quel type d’énergie consommée par kilogramme de produit pour la culture et/ou l’élevage ?
  • Quels sont les intrants utilisés pour cultiver le produit : produits phytosanitaires (insecticides, pesticides), types d’engrais ? Quelle quantité d’intrants par kilogramme de produit ?
  • Quels modes de cultures pour un produit d’origine végétale : hors-sol, sous serre, en plein champ, etc ?
  • Quels modes d’élevages pour un produit d’origine carnée : plein air, pâturage, autonomie alimentaire de l’élevage ou importation d’aliments ?
  • Quels labels de qualité possède-t-il : bio, label rouge, AOP, etc ?
  • Quelle est sa provenance et quel est le mode de transport utilisé ?
  • Quels emballages utilisés : quantité et type ?
  • Quelle quantité de déchets par kilogramme produit ?

S’il s’agit de produits déjà préparés achetés auprès d’une entreprise ayant déjà procédé à une première transformation :

  • Quels sont les constituants ? Une viande bovine aura un impact beaucoup plus important que n’importe quelle autre viande ou que n’importe quelle protéine d’origine végétale.
  • Quelle est la provenance de ces constituants et les modes de transport utilisés ?
  • Quelle quantité et quel type d’énergie consommée pour le processus de transformation ?
  • Quels emballages utilisés : quantité et type de matériau ?
  • Quelle quantité de déchets par kilogramme produit ?

Plus vous serez proches de vos fournisseurs, plus il vous sera facile de poser des questions précises et de travailler sur les points d’amélioration de l’empreinte carbone de vos produits, en amont de la chaîne d’approvisionnement. L’avantage pour vous est de gagner en savoir-faire sur les marges de manœuvre à cette étape du cycle de vie, autant de leviers d’actions que vous pourrez ensuite demander à d’autres fournisseurs d’activer. Vous récupérez ainsi la maîtrise de votre empreinte carbone tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Jean-Luc Manceau, dirigeant du cabinet Climat MundiRémi Marcus et Shafik Asal, co-fondateurs du cabinet ECO2 Initiative


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

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La politique GES d’une entreprise, une fois liée à sa politique globale, permet d’évaluer correctement les choix stratégiques pris pour demain. Il faut prendre l’exercice de comptabilité GES comme une analyse des risques.

Dans votre entreprise, il peut y avoir :

  • une politique générale,
  • une politique RSE,
  • une démarche GES engagée avec un premier Bilan Carbone® et un plan d’actions,
  • un plan d’économies d’énergies et fluides au niveau industriel…

Tous ces éléments existent de leur côté, mais ne fonctionnent pas nécessairement ensemble. Pourtant, il est primordial de faire du lien entre ces projets pour que votre politique GES vienne alimenter votre stratégie globale.

Quel lien y-a-t-il entre GES et économie ? Comment faire le lien entre les différents projets stratégiques et opérationnels ?

C’est le cadre général de développement de votre entreprise qui donne les grandes orientations et les objectifs pour demain. La démarche GES fait partie de ce cadre et vient l’alimenter. Il faut prendre l’exercice de comptabilité GES comme une analyse des risques : “Que se passe-t-il si je ne fais rien ?” Quel est l’impact de l’augmentation du prix des énergies sur mon activité, sur mes usines, sur mes fournisseurs ?… Quel est l’impact de l’augmentation de la taxe carbone à court terme et à moyen terme ? A partir de quand n’est-ce plus financièrement viable de produire ou s’approvisionner de telle matière à tel endroit ?

Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de passer par une étape de diagnostic : “où en suis-je aujourd’hui ?” pour faire de la prospective : “où pourrais-je aller demain?” et ainsi alimenter vos réflexions à tous les niveaux de l’entreprise : achats, investissement, innovation…

Dans ce schéma, la politique globale et la politique RSE ne font ainsi plus qu’un. L’indicateur GES adossé à des simulations économiques devient alors percutant pour évaluer les choix pour demain, et trouve toute sa place dans les indicateurs revus en comité de direction à côté des indicateurs de performance.

Fanny Pénet, directrice des opérations et responsable du pôle carbone chez O2M Conseil


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

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Agir sur les émissions directes d’une organisation via la scope 1 et 2 est une bonne base de stratégie climat. Cependant, s’intéresser aux émissions indirectes (scope 3) permet de réduire de manière bien plus significative ses émissions de gaz à effet de serre.

Si votre structure est concernée par un Bilan GES réglementaire, les retours d’expérience montrent qu’il est fort probable que vos efforts soient concentrés sur le scope 1 et 2 de ce bilan, obligatoires. Cependant, vous êtes-vous également intéressés au scope 3 ? Bien que non obligatoire, il est très fortement conseillé par l’ADEME et vous permettra d’agir de manière plus efficace et plus globale sur vos émissions.

Qu’est-ce que le scope 3 ?

Si le scope 1 concerne les émissions directes de GES générées par l’activité de l’organisation ou du territoire et le scope 2 les émissions associées à la consommation d’électricité et de chaleur, le scope 3 s’intéresse aux émissions indirectes d’une organisation. Ainsi, le scope 3 va concerner les activités en amont et en aval de votre organisation. A la différence des scopes 1 et 2 qui prennent en compte uniquement les enjeux énergétiques, le scope 3 concerne tous les flux d’activités : l’achat de produits, les déplacements, les immobilisations, les déchets, l’utilisation des produits et leur fin de vie, etc.

L'importance de la prise en compte du Scope 3 dans une stratégie climat

Source : ADEME – Site Bilan GES

En quoi est-ce important de l’inclure dans sa stratégie climat ?

L’objectif final de l’évaluation des émissions de GES de votre organisation est de réussir à réduire de manière significative ces émissions. Les scopes 1 et 2 ne se concentrant que sur les enjeux énergétiques, cela revient à se focaliser sur seulement 15 à 20% des émissions totales d’une organisation en général (mis à part l’industrie verrière, minière ou toute industrie nécessitant de très fortes consommations énergétiques). Vous aurez donc des difficultés à agir significativement sur vos émissions de gaz à effet de serre sans inclure le scope 3, qui occupe la part la plus importante : les 80% restants.

Ainsi, en baissant de 3 à 5% de vos émissions sur des postes concernant le scope 3, vous aurez un impact bien plus important qu’en baissant de 3 à 5%  vos émissions sur des postes concernant les scopes 1 et 2. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d’efforts sur ces scopes, mais qu’il est important de bien intégrer le scope 3 dans votre stratégie climat.

En allant au-delà des obligations du Bilan GES réglementaire, vous aurez ainsi l’opportunité d’agir plus globalement sur votre impact carbone.

Jacques Aflalo, dirigeant du cabinet A2DM


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Avoir utilisé ses ressources pour réaliser un Bilan GES exhaustif, c’est bien ; mais quels moyens reste-il ensuite pour le traduire en actions concrètes ? La solution : s’appuyer sur quelques données clés pour pouvoir se concentrer sur les actions à mener.

Il n’est pas rare que les entreprises mettent beaucoup d’efforts dans la réalisation de bilans d’émissions de gaz à effet de serre pour évaluer leur impact carbone, sans réussir à franchir l’étape suivante : mettre en œuvre des actions concrètes pour influer sur cet impact carbone ! Consommer ainsi toutes ses ressources dans la comptabilité et manquer de moyens pour passer à l’action ne facilite pas les choses… Alors comment faire pour aller au-delà du simple bilan ?

S’appuyer sur quelques données clés de façon continue

Nous rencontrons beaucoup d’entreprises qui mettent à jour un Bilan GES complet tous les ans. Cela n’est pas nécessaire : votre Bilan GES peut-être suivi de très près au moyen d’un tableau de bord de 5 à 20 données-clés selon les cas. Cela suffit amplement à mesurer son évolution sur le court et moyen terme. Identifiez ces données clés lorsque vous réalisez votre premier Bilan GES, qui lui se doit d’être exhaustif. Par la suite, contentez-vous de suivre annuellement ces indicateurs clés, sans refaire le bilan complet. Vous économiserez ainsi beaucoup de temps et de ressources et cela vous incitera également à vous concentrer sur les sujets qui comptent. Attention à bien suivre ces indicateurs à l’année, sans discontinuité, pour avoir le meilleur suivi possible des résultats de vos actions.

Réaliser de nouveau un Bilan GES complet lorsque nécessaire

Malgré tout, le Bilan GES complet ne doit pas non plus être complètement remisé au fond du tiroir. Continuez à le réaliser à intervalles réguliers ainsi que si votre activité évolue substantiellement. En effet, une évolution d’activité va bien évidemment également faire évoluer les données de votre comptabilité carbone et nécessiter de mettre à jour vos données clés et votre plan d’action.    

En conclusion, l’idée est donc de faire un effort sur le diagnostic et l’identification des indicateurs clés, la première année, puis de concentrer cet effort sur le pilotage des actions à mener les années suivantes. Les indicateurs clés vous permettront alors de faire évoluer votre plan d’action en fonction des résultats obtenus, pour continuer à bien orienter vos ressources.

Rémi Marcus, Co-fondateur, consultant et formateur chez ECO2 Initiative.


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Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.