Pour identifier les pistes d’actions couvrant un large périmètre et obtenir une vision stratégique la plus large possible, impliquez vos parties prenantes au moyen d’un forum participatif, d’un world-café ou d’un pro-action café.

Votre Bilan Carbone® a été réalisé et vous avez lancé des actions qui concernent votre périmètre de responsabilité directe. Votre difficulté : vous avez des postes d’émissions importants qui sortent de ce périmètre et vous ne parvenez pas à les intégrer à votre plan d’actions. Or, la prise en compte des émissions indirectes est un facteur clé de réussite de votre stratégie climat, car elles représentent de manière générale environ 80% des émissions d’une structure. Alors comment réussir à agir au-delà du  périmètre des actions directes ?

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La clé pour réussir à influer sur vos émissions indirectes va être d’impliquer toutes vos parties prenantes dans le processus de mise en place de votre stratégie climat.

La première étape consiste donc à identifier les parties prenantes avec lesquelles il est nécessaire de discuter pour aller au-delà d’un périmètre de responsabilité directe : fournisseurs, intermédiaires, transporteurs, clients, revendeurs … Ensuite, invitez-les de manière nominative en leur expliquant les raisons de l’invitation, l’état d’avancement du plan d’actions, la contribution demandée et les modalités de travail.

Des modalités de travail participatives

Lors de la réunion avec vos parties prenantes ciblées, utilisez des modalités de travail participatives : forum ouvert par exemple, « world café » ou « proaction café ». Chacun de ces formats de travail répond à une situation  donnée, en particulier suivant l’état d’avancement des pistes d’actions. Ils permettent de faire émerger les idées, de travailler en bonne entente et bien souvent de stimuler positivement les participants.

Le forum ouvert

Le forum ouvert, qui consiste à reproduire la richesse des échanges informels qui ont lieu lors des pauses café, permet de « débroussailler » les idées si vous en êtes au début du processus. Réunis en cercle, à l’aide de feuilles de papier et de stylos, les participants proposent toutes leurs idées et posent toutes leurs questions à propos du sujet, avec la coordination d’un facilitateur. Les grandes idées ainsi ressorties vous serviront de base pour la suite.

Le world-café

Si des pistes ont déjà été identifiées, le « world café » vous permet de les soumettre aux parties prenantes et de les enrichir. En effet, cette technique consiste à débattre d’une idée ou d’une question en petits groupes autour de tables, avec un roulement des participants autour de la table à intervalles réguliers. Seule une personne reste à la table et résume les échanges qui ont eu lieu aux nouveaux arrivants. Cette méthode permet de mettre en place un dialogue constructif et d’obtenir des retours intéressants sur les pistes identifiées.

Le pro-action café

Enfin, si les pistes d’action ont déjà été travaillées, le « pro action café » est tout à fait approprié pour les améliorer, les « challenger ». Tout comme le « world café », les participants se réunissent en petits groupes autour de tables, avec un roulement. Cette fois-ci, vous allez présenter vos projets de manière argumentée. Le rôle des participants présents à la table est de challenger les projets. Cette méthode est efficace pour pousser plus loin votre réflexion, identifier d’éventuels écueils et surtout de nouvelles opportunités d’actions.

En réunissant ainsi vos parties prenantes de manière participative, vous créerez les conditions de réussite de votre stratégie climat. Ces échanges vous permettront de mieux comprendre où et comment agir sur vos émissions de manière stratégique, tout en mobilisant la volonté de vos parties prenantes à s’impliquer dans le processus.

Jean-Luc Manceau, Dirigeant du cabinet Climat Mundi

Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

 

En catégorisant vos gammes de produits selon des critères d’impact GES et en se basant sur les émissions du produit phare de chaque catégorie, vous progresserez pas à pas.

Mettre en place une stratégie climat au sein d’une entreprise qui vend des biens et produits nécessite de s’intéresser au cycle de vie de ces produits. Il est important notamment de prendre en compte les émissions du produit après sa sortie du périmètre d’action direct de l’entreprise : transport, utilisation, fin de vie, déchets, pour avoir une vision réaliste de ses émissions globales. Cette étape correspond à un “Scope 3 aval”, c’est-à-dire les émissions indirectes de l’entreprise en aval de ses sites de production.

Cependant, comment évaluer correctement ce Scope 3 en aval, lorsque votre entreprise fabrique une grande diversité de produits ? Comment inclure ce Scope 3 de manière pertinente dans votre stratégie pour vous aligner sur l’objectif des 2°C des Accords de Paris ? A noter que le Scope 3 concerne également les émissions en amont, mais nous nous concentrerons sur les émissions aval dans cet article.

A lire aussi : 

Émissions indirectes de GES : leur prise en compte est primordiale pour réussir sa stratégie climat, par A2DM

 

Rassemblez vos produits en catégories

En ce qui concerne le Scope 3 et en particulier le Scope 3 aval, il faut accepter de progresser pas à pas, d’un bilan sur l’autre, pour en affiner progressivement la prise en compte d’un BEGES (Bilan des Emissions de Gaz à Effet de Serre) à l’autre.

Si votre entreprise met sur le marché une diversité importante de produits, il s’agit de les rassembler en catégories aussi homogènes que possible du point de vue de leurs impacts GES respectifs au sein des étapes suivantes de leur cycle de vie : éventuels procédés de transformation, transport, consommations d’énergie et/ou de matière à l’usage puis modalités de traitement de fin de vie comparables.

Basez-vous sur un produit phare pour chaque catégorie

Puis, pour chacune des catégories ainsi définies, prenez le temps d’étudier le profil d’impact GES d’un produit phare au sein de cette catégorie. Les émissions associées à chaque poste du BEGES pourront être calculées pour chaque catégorie de produits par extrapolation des résultats obtenus sur le produit phare associé à chacune d’entre elles. Les émissions totales de GES correspondant au scope 3 “aval” de votre entreprise équivalent à la somme des émissions de toutes les catégories de produit (scope 3 aval).

Il n’est pas rare qu’il apparaisse assez vite que l’impact GES de l’une (ou d’un nombre très réduit) de ces catégories domine largement toutes les autres : dans ce cas, l’effort principal pour obtenir un calcul fiable devra clairement porter sur ce poste pour ces étapes du cycle de vie des produits, tout comme – et c’est le plus important – le plan d’action qui découlera du BEGES.

Intéressez-vous aux objectifs 2° de vos parties prenantes

En ce qui concerne l’alignement 2° du Scope 3 aval, il n’existe pas de stratégie simple et uniforme. Une approche possible est de s’intéresser aux objectifs 2° des secteurs d’activité et clients finaux qui transforment et utilisent les produits vendus par votre entreprise et de fixer vos objectifs de progrès sur cette partie du cycle de vie des produits en référence à ceux de ces secteurs d’activité.

Si votre entreprise vend ses produits dans plusieurs secteurs d’activité différents, vous pouvez ainsi imaginer vous fixer un objectif pertinent, en principe, par combinaison de ceux de ces secteurs d’activité.

Rémi Marcus, Co-fondateur, consultant et formateur chez ECO2 Initiative.

Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

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Pour initier une stratégie climat au sein de votre entreprise, plusieurs étapes seront nécessaires : de la définition de l’objectif à la collecte des résultats en passant par le plan d’action, les étapes de la méthode Bilan Carbone® vous donneront les clés pour démarrer votre démarche.

Par où commencer lorsque l’on démarre et que l’on souhaite mettre en œuvre une stratégie climat ?

En suivant plusieurs étapes clés et en impliquant l’ensemble de vos parties prenantes (direction, personnel, fournisseurs, etc), vous pourrez mettre en place une stratégie climat adaptée à votre structure.

Définir une équipe, avoir une vision et un objectif

Tout d’abord, constituez une « green team » qui sera responsable de l’étude et de la mise en place de la stratégie climat. Comme pour tout projet, cette équipe assurera le pilotage et le suivi de votre stratégie. Définissez votre stratégie climat sous forme d’une vision et d’un objectif et formalisez l’ensemble de manière concrète. Par exemple : « Mon entreprise souhaite agir concrètement pour le bien de la planète et s’engage à diminuer de x% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 ».

Respecter les étapes de la méthode Bilan Carbone®

Une étape essentielle est de commencer par sensibiliser tous les collaborateurs aux enjeux climatiques afin de fédérer le personnel dans la mise en place de la stratégie climat. Il vous faudra ensuite définir le champ d’étude et la cartographie des flux : ceci vous permettra de définir le périmètre de l’étude carbone pour ensuite cartographier l’ensemble des flux inclus dans ce périmètre. Ensuite, collectez les données, exploitez et analysez les résultats. L’objectif de l’analyse est de faire une hiérarchie de vos émissions afin de définir les “hot-spots”, c’est à dire, les postes les plus émetteurs.

Une fois ces étapes réalisées, votre entreprise peut s’attaquer au plan d’action. Organisez des groupes de travail et de réflexion avec les membres de votre personnel. Pour commencer, ces groupes peuvent réfléchir sur, par exemple, les trois premiers hot-spots  ; il est très important que le personnel concernés par ces postes soient impliqués dans la démarche pour assurer par la suite une bonne mise en place du plan d’action. Appliquez le plan d’action et le suivi des résultats, puis communiquez sur les résultats, en interne et en externe.

A la fin de votre stratégie, compensez une partie ou toutes les émissions résiduelles de CO2 afin d’offrir un produit ou un service « neutre en CO2 ». Cette dernière étape permettra de vous positionner face à une demande toujours plus grande du marché.

Quels bénéfices pour votre entreprise ?

Dans la majorité des cas, une diminution des émissions de CO2 se traduira par une diminution des coûts. En effet, si, par exemple, des actions permettent de diminuer les consommations énergétiques, cela implique forcément moins de dépenses pour ce poste. Ou encore, si vous optimisez vos livraisons pour diminuer les émissions de CO2 liées à ce flux, cela signifiera qu’il y aura moins de transport et donc, diminution du coût de ce poste.

Les gains/bénéfices varient en fonction du type d’entreprise. A titre d’exemple, pour une société belge, située en wallonie, et qui fabrique des blocs en bétons, nous avons, à l’aide des chauffeurs, mis en place des actions qui se sont traduites par une diminution importante de la consommation des camions utilisés pour les livraisons (environs 15%), et donc, par une diminution importante du coût de ce poste qui représentaient l’achat de plus d’un million de litres de diesel par an. De plus, ces gains financiers directs auront permis de financer des investissements pour d’autres actions de réduction.

Cet exemple démontre l’importance d’impliquer les personnes concernées dans la mise en place d’action de réduction afin que ces réductions soient intégrées dans les gestes au quotidien, et ce, pour toujours !

Mais surtout, vous aurez mis en place un projet d’entreprise positif de réduction qui apportera de la fierté à vos collaborateurs et un positionnement concurrentiel pour votre entreprise. Les bénéfices pour l’entreprise seront donc écologiques, économiques mais aussi stratégiques.

Une stratégie climat, c’est une stratégie win-win, où tout le monde ressort gagnant : l’entreprise, les collaborateurs, les clients et au final, notre planète.

Frédéric Mathot, directeur du cabinet CO2 Strategy


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

 

Comment agir en tant qu’entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire sur l’impact carbone des produits en amont de la chaîne d’approvisionnement ? 2 leviers d’action : nouer une relation partenariale qui prend en compte l’empreinte carbone des produits et apprendre à poser les bonnes questions à vos fournisseurs.

Si votre entreprise travaille dans le secteur de l’agroalimentaire, vous avez peut-être été confronté à la difficulté de maîtriser l’empreinte carbone de vos produits en amont de la chaîne d’approvisionnement. Pourtant, pour avoir un réel impact sur les émissions de gaz à effet de serre de vos produits, il est primordial de s’intéresser à ce qui se passe en amont. En effet, 70% des émissions ont lieu directement dans le champ ! Pour la culture, le transport représente seulement 10% des émissions, l’énergie en usine agro-alimentaire également 10% et l’emballage moins de 1%. Pour l’élevage, ces derniers postes deviennent même complètement négligeables tant la production de viande nécessite de ressources (source : ADEME).

Ainsi, comme dans tout processus de production-consommation, tous les acteurs de la chaîne de production alimentaire sont concernés par leur propre empreinte carbone et par celle des acteurs qui sont en amont. Cependant, cette partie du cycle de vie du produit n’étant pas nécessairement gérée par votre entreprise mais par un fournisseur, il peut paraître difficile d’intervenir pour en réduire l’empreinte carbone globale !

Alors comment s’y prendre ? Vos leviers d’actions vont se situer au niveau de la relation commerciale que vous nouez avec vos fournisseurs.

Inclure l’empreinte carbone dans les critères de partenariat

La façon la plus directement opérationnelle de progresser sur le sujet de l’empreinte carbone de vos produits est de nouer un/des partenariat(s) avec un/des fournisseur(s) en ayant la volonté commune de s’améliorer sur ce critère. Leur attitude positive ou non devant une telle proposition pourrait même devenir un critère de sélection à court terme. L’empreinte carbone des produits achetés pourra intervenir in fine comme un des critères de choix d’un fournisseur à qualités gustative et nutritive équivalentes.

La relation partenariale a l’avantage pour le fournisseur concerné de réduire le risque commercial associé à l’évolution de ses pratiques, puisque la démarche se fait en accord avec son client. In fine,cela revient à vous permettre d’intervenir – au travers de cette relation partenariale provisoire et de façon transitoire – sur les étapes amont du cycle de vie de vos produits.

Apprendre à poser les bonnes questions  à vos fournisseurs

Un autre levier intéressant à utiliser auprès de vos fournisseurs est d’apprendre à poser les bonnes questions pour mieux évaluer l’impact environnemental de vos produits. En effet, pour pouvoir agir sur leur empreinte carbone, il est important d’en comprendre les principaux déterminants. Cette démarche sera d’autant plus facile si la relation avec votre fournisseur est ouverte à la collaboration, comme vu ci-dessus.

S’il s’agit d’un produit brut acheté auprès d’un exploitant agricole :

  • Quelle quantité et quel type d’énergie consommée par kilogramme de produit pour la culture et/ou l’élevage ?
  • Quels sont les intrants utilisés pour cultiver le produit : produits phytosanitaires (insecticides, pesticides), types d’engrais ? Quelle quantité d’intrants par kilogramme de produit ?
  • Quels modes de cultures pour un produit d’origine végétale : hors-sol, sous serre, en plein champ, etc ?
  • Quels modes d’élevages pour un produit d’origine carnée : plein air, pâturage, autonomie alimentaire de l’élevage ou importation d’aliments ?
  • Quels labels de qualité possède-t-il : bio, label rouge, AOP, etc ?
  • Quelle est sa provenance et quel est le mode de transport utilisé ?
  • Quels emballages utilisés : quantité et type ?
  • Quelle quantité de déchets par kilogramme produit ?

S’il s’agit de produits déjà préparés achetés auprès d’une entreprise ayant déjà procédé à une première transformation :

  • Quels sont les constituants ? Une viande bovine aura un impact beaucoup plus important que n’importe quelle autre viande ou que n’importe quelle protéine d’origine végétale.
  • Quelle est la provenance de ces constituants et les modes de transport utilisés ?
  • Quelle quantité et quel type d’énergie consommée pour le processus de transformation ?
  • Quels emballages utilisés : quantité et type de matériau ?
  • Quelle quantité de déchets par kilogramme produit ?

Plus vous serez proches de vos fournisseurs, plus il vous sera facile de poser des questions précises et de travailler sur les points d’amélioration de l’empreinte carbone de vos produits, en amont de la chaîne d’approvisionnement. L’avantage pour vous est de gagner en savoir-faire sur les marges de manœuvre à cette étape du cycle de vie, autant de leviers d’actions que vous pourrez ensuite demander à d’autres fournisseurs d’activer. Vous récupérez ainsi la maîtrise de votre empreinte carbone tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Jean-Luc Manceau, dirigeant du cabinet Climat MundiRémi Marcus et Shafik Asal, co-fondateurs du cabinet ECO2 Initiative


Cet article appartient à la série « APCC : avis d’experts ».  Sur la base de vos questions et des situations rencontrées lors de leurs interventions sur le terrain, les experts APCC partagent leurs conseils afin de permettre à tous ceux qui rencontrent une difficulté similaire de trouver les clés de résolution de leur propre problématique.

Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.

 

La politique GES d’une entreprise, une fois liée à sa politique globale, permet d’évaluer correctement les choix stratégiques pris pour demain. Il faut prendre l’exercice de comptabilité GES comme une analyse des risques.

Dans votre entreprise, il peut y avoir :

  • une politique générale,
  • une politique RSE,
  • une démarche GES engagée avec un premier Bilan Carbone® et un plan d’actions,
  • un plan d’économies d’énergies et fluides au niveau industriel…

Tous ces éléments existent de leur côté, mais ne fonctionnent pas nécessairement ensemble. Pourtant, il est primordial de faire du lien entre ces projets pour que votre politique GES vienne alimenter votre stratégie globale.

Quel lien y-a-t-il entre GES et économie ? Comment faire le lien entre les différents projets stratégiques et opérationnels ?

C’est le cadre général de développement de votre entreprise qui donne les grandes orientations et les objectifs pour demain. La démarche GES fait partie de ce cadre et vient l’alimenter. Il faut prendre l’exercice de comptabilité GES comme une analyse des risques : “Que se passe-t-il si je ne fais rien ?” Quel est l’impact de l’augmentation du prix des énergies sur mon activité, sur mes usines, sur mes fournisseurs ?… Quel est l’impact de l’augmentation de la taxe carbone à court terme et à moyen terme ? A partir de quand n’est-ce plus financièrement viable de produire ou s’approvisionner de telle matière à tel endroit ?

Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de passer par une étape de diagnostic : “où en suis-je aujourd’hui ?” pour faire de la prospective : “où pourrais-je aller demain?” et ainsi alimenter vos réflexions à tous les niveaux de l’entreprise : achats, investissement, innovation…

Dans ce schéma, la politique globale et la politique RSE ne font ainsi plus qu’un. L’indicateur GES adossé à des simulations économiques devient alors percutant pour évaluer les choix pour demain, et trouve toute sa place dans les indicateurs revus en comité de direction à côté des indicateurs de performance.

Fanny Pénet, directrice des opérations et responsable du pôle carbone chez O2M Conseil


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Cet article vous a-t-il été utile ? N’hésitez pas à faire appel aux membres de l’APCC, tous experts sur les thématiques énergie, climat et environnement, pour vous conseiller et vous accompagner. Vous pouvez aussi contacter directement l’APCC pour nous poser votre question et/ou diffuser une annonce ou un appel d’offre auprès de tous les experts membres APCC.