Le Cities Climate Leadership Group (C40) présidé par Anne Hidalgo, regroupe plusieurs métropoles qui s’engagent vers un bilan carbone neutre d’ici 2050. Financé par plusieurs fondations telles que la fondation Clinton, son objectif est de montrer qu’il est possible de réduire les émissions de CO2.

Le C40

 

Le Cities Climate Leadership Group (C40) a été créé par Ken Livingstone en 2006 pour fédérer les initiatives des grandes métropoles et lutter contre le réchauffement climatique. L’organisation a pour but d’accélérer la mutation écologique à l’échelle des villes. Aujourd’hui, celui-ci est présidé par la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Il est composé de 85 métropoles dont New York, Vancouver, Paris, Rome, Moscou, Milan, San Francisco, Athènes, Bombay, Hong Kong ou encore Buenos Aires. Ces villes représentent à elles seules un quart de l’économie mondiale et près de 70 % des émissions de gaz à effet de serre.
Il est également composé de neuf villes Africaines, qui vont être aidées dans l’élaboration de plans d’actions climatiques, tout en respectant l’Accord de Paris.

« Réduire drastiquement les émissions de CO2 et ainsi s’inscrire pleinement dans l’accord de Paris »

« Les maires des plus grandes villes du monde façonnent le siècle à venir et préparent le terrain pour un avenir meilleur, plus sain et plus respectueux de l’environnement », a déclaré Anne Hidalgo durant la Climate Change Conference à Bonn en novembre dernier.

L’objectif de ce dispositif est de montrer qu’il est possible de réduire drastiquement les émissions de CO2 et ainsi s’inscrire pleinement dans l’accord de Paris. Pour arriver à ce résultat, plusieurs mesures ambitieuses ont été mises en œuvre, comme par exemple :

  • Mettre en commun les expériences sur le trafic automobile, l’efficience énergétique des bâtiments et la gestion des déchets
  • S’équiper de bus zéro émission à partir de 2025 et passer en zone zéro émission sur une partie importante du territoire

Ces plans démontreront la capacité d’adaptation et d’amélioration de chaque ville au regard de sa résilience face aux crises climatiques et aux phénomènes météorologiques.

Des partenaires financiers

 

Afin de développer ses projets, le C40 dispose de plusieurs partenaires financiers tels que la fondation Bloomberg Philanthropies et la fondation Clinton.

La Banque mondiale va prêter 4,5 milliards de dollars sur trois ans à 150 villes pour mettre en œuvre des initiatives visant à accroître leur résilience et lutter contre le changement climatique. Ces aides devraient ainsi leurs permettre de lever des fonds privés, grâce à la structuration de partenariats public-privé.

Auteur de l’article : Alterea

Le 17 novembre dernier s’est clôturée la 23e Conférence des Parties (COP23) organisée à Bonn en Allemagne et sous la présidence des Fidji, représentants des peuples insulaires, premiers touchés par les impacts du changement climatique. Mais alors, que reste-t-il de l’accord de Paris, entériné il y a maintenant deux ans lors de l’enthousiasmante COP21 ?

À l’heure du retrait des États-Unis de l’accord de Paris et de la tenue d’une réunion de défense des énergies fossiles à l’initiative de la Maison-Blanche, rappelons que l’objectif de la Conférence des Parties de cette année était de mettre sur pied le « manuel d’application » de l’Accord de Paris. Les objectifs définis dans l’accord de Paris semblent de plus en plus inatteignables.

L’Europe s’est pourtant dressée face aux États-Unis en promettant de redoubler d’efforts et de financer le GIEC en se substituant aux Américains. Pourtant, l’Allemagne ne pourra pas remplir son objectif de réduction de 40% de ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990, par son recours massif au charbon, la plus polluante des énergies fossiles. Bonne élève, la Chine semble pour l’instant à la hauteur de ses ambitions grâce au développement des énergies renouvelables qui a permis la diminution des émissions de CO2 du pays de 1% en 2017.

Au cours des débats, l’ONU Environnement a insisté sur l’écart « catastrophique » entre les engagements des États pour limiter les émissions de GES et les réductions qu’il faudrait opérer pour maintenir le réchauffement en dessous de 2°C, avec les engagements actuels qui couvrent à peine un tiers des réductions d’émissions nécessaires. Afin de limiter le réchauffement à 2°C ou même 1,5°C, le monde devrait émettre au maximum 41,8 Gt de CO2e en 2030, or, si les pays s’en tenaient à leurs engagements présents, sans les renforcer, ils produiraient encore 52,8 Gt en 2030. Le ministre costaricain Edgar Gutierrez Espeleta considère d’ailleurs que « l’accord de Paris a boosté l’action climatique, mais cette dynamique […] s’essouffle ».

« En novembre 2016, le père Noël a sacrément eu chaud aux moustaches : le pôle Nord a connu un incroyable pic de chaleur, avec une température supérieure de 20°C par rapport aux normales saisonnières (-5°C au lieu de –25°C). En Antarctique, la zone la plus froide du globe, désormais, il pleut régulièrement au lieu de neiger. »

« 2017 a aussi vu des ouragans d’une intensité inédite dans les Caraïbes et dans l’Atlantique, en août, septembre et octobre, à l’instar de l’ouragan Irma, qui a ravagé les îles de Saint Barthélemy et Saint-Martin, les 5 et 6 septembre derniers. Il s’agissait du plus puissant ouragan enregistré dans l’atlantique nord depuis Allen en 1980, par la vitesse de ses vents soutenus (295 km/h). »

« En 2016, 23,5 millions de personnes ont été déplacées dans le monde en raison des catastrophes d’origine météorologique, rappelait récemment l’ONG Oxfam. »

La recrudescence de ces évènements climatiques extrêmes, première preuve du réchauffement climatique, annonce-t-elle une prochaine COP polonaise enterrant définitivement l’espoir de ne pas dépasser les 1,5°C de réchauffement pendant ce siècle ?

 

Pauline Denis-Pineau – Consultante Climat / Énergie – Ekodev

 

Sources :

  • Sud-Ouest, Lutte contre le réchauffement climatique : six batailles déjà (presque) perdues
  • Novethic, Dans un monde à +4°C, 11 % de l’économie mondiale est menacée
  • Le Monde, A la COP23, Merkel et Macron réaffirment leurs ambitions climatiques
  • Comité 21, Note d’analyse du 13 novembre 2017, Climat : La COP23, transition douce ou accélération ?
  • Le Monde, La Chine investit dans les renouvelables et ses émissions de CO2 diminuent.